Fiche 3

Fiche 3: Faciliter la traversée de rue

Cette fiche présente les moyens de faciliter la traversée de rue aux piétonnes et piétons de 65 ans et plus et d’améliorer leur sécurité et leur confort.

Fiche / Guide

Professionnels en aménagement

La traversée de rue, ou le lieu où le cheminement piéton croise la trajectoire des véhicules, est particulièrement dangereuse pour les personnes aînées. Leurs vitesses de marche et leurs réfl exes plus lents les exposent davantage à des risques de collision avec un véhicule. 

Les bilans routiers de la SAAQ de 2015 à 2019 montrent qu’au Québec, près des deux tiers des personnes aînées piétonnes gravement blessées ou décédées le sont à une intersection, à proximité d’une intersection ou à proximité d’un carrefour giratoire. De plus, environ une sur cinq est happée en traversant la chaussée entre deux intersections1. Ces bilans révèlent aussi que les artères sont les lieux les plus accidentogènes pour les piétonnes et piétons de tous âges : 42 % des personnes blessées et 38 % des victimes décédées s’y trouvaient2

Les actions requises pour traverser la rue de manière sécuritaire peuvent être complexes pour des personnes vieillissantes3. Certaines d’entre elles utilisent une aide à la mobilité (AMM) (canne, déambulateur, etc.), d’autres ont tendance à regarder au sol ou portent des paquets. D’autres encore ont de la difficulté à anticiper le double sens des voies de circulation, la vitesse des véhicules qui arrivent, un vélo qui approche silencieusement, un véhicule en marche arrière dans un stationnement. De plus, nombre d’entre elles n’ont pas le temps de franchir le passage piéton selon le temps alloué aux feux de circulation4. Plusieurs aménagements permettent de mitiger ces facteurs de risque et d’améliorer la sécurité de la population piétonne aînée lors de leur traversée.

FACTEURS DE RISQUE POUR LA SÉCURITÉ DES PERSONNES AÎNÉES À PIED LORS DE LA TRAVERSÉE DE RUE
• Nombre de voies à traverser. 
• Distance de la traversée à l’intersection ou entre deux intersections. 
• Temps alloué aux piétonnes et piétons pour effectuer la traversée aux feux de circulation. 
• Vitesse des véhicules et visibilité dans le virage. 
• Signalisation (virage à droite au feu rouge). 
• Densité de la circulation. 
• Visibilité et éclairage. 
• Bruits urbains (circulation, construction, etc.). 
• Non-respect de la priorité piétonne.  
Pour plus d’informations, consulter : Piétons Québec (2023). « Sécurisons la traversée des artères ».

Passage piéton contrôlé

Ce type d’aménagement sur la chaussée vise à faciliter la traversée d’une rue où la circulation est contrôlée par des panneaux d’arrêt ou par des feux de circulation . L’espace de circulation piétonne est délimité au moyen d’un marquage au sol. 

Contexte d’implantation

Le passage piéton contrôlé est aménagé à proximité de lieux générateurs de déplacement où le nombre de piéton·nes et le débit de circulation sont élevés. Il nécessite une étude de la circulation selon divers critères : nombre de piéton·nes, débit de circulation, distance à franchir, visibilité5.

Conception
  • La vitesse permise doit être d'au plus 70 km/h et la visibilité doit être bonne à l'approche du passage.
  • Entre les intersections, alignement du passage piéton perpendiculairement à la voie de circulation traversée.
  • Abaissement de trottoir de part et d’autre des passages piétons.
  • Marquage au sol composé d’une série de larges bandes blanches. Ce marquage est préférable à celui comportant deux lignes blanches parallèles, car il est plus facilement perceptible par les personnes avec une déficience visuelle6.

Avantages
• Attire l’attention de la personne conductrice de véhicule sur la présence de piéton·nes.
• Oriente la piétonne ou le piéton dans le couloir de déplacement.
• Améliore la sécurité de la piétonne ou du piéton en raison de la présence de panneaux d’arrêt ou de feux de circulation.
• Entre deux intersections, il évite aux personnes usagères de faire des détours ou de prendre des risques pour rejoindre l’autre côté de la rue.

À considérer
• Prévoir la réfection périodique du marquage.

Passage piéton non contrôlé

Ce type d’aménagement sur la chaussée facilite la traversée de rue aux piétonnes et piétons à des endroits où la circulation de la voie traversée n’est pas contrôlée par des panneaux d’arrêt ou par des feux de circulation . À ces endroits, la signalisation indique à la personne conductrice qu’elle doit céder le passage aux personnes à pied qui s’engagent ou qui indiquent leur intention de traverser le passage. En l’absence de piétonne ou de piéton, la personne conductrice n’a pas à s’arrêter . 

Contexte d’implantation

Le passage piéton non contrôlé s’implante à l’intersection ou entre deux intersections. Il est idéalement aménagé sur une rue ou une route ne comprenant pas plus d’une voie dans chaque direction afi n d’éviter qu’une personne conductrice circulant dans une voie de même sens omette de s’arrêter parce qu’elle n’aurait pas vu la personne à pied engagée devant une voiture arrêtée dans l’autre voie.

Conception
  • Doit être aménagé à un minimum de 100 m du panneau d’arrêt ou du feu de circulation le plus proche.
  • Signalisation par des panneaux prescriptifs indiquant la présence du passage et marquage au sol composé d’une série de larges bandes jaunes.
  • À l’intersection, alignement du passage piéton dans l’axe des corridors piétons de part et d’autre de la traversée.
  • Entre les intersections, alignement du passage piéton perpendiculairement à la voie de circulation traversée.
  • Abaissement de trottoir de part et d’autre du passage.
  • Idéalement, rétrécissement de la largeur de la chaussée et des voies de circulation en amont pour inciter les conducteurs à respecter le passage.
  • Ajout possible de saillies de trottoir et d’un îlot refuge pour réduire la longueur du passage piéton et faciliter la traversée en se concentrant sur un sens de circulation à la fois.
  • Possibilité d’installation de feux rectangulaires à clignotement rapide pour attirer l’attention des personnes conductrices à la présence de piétonnes ou piétons, selon les conditions. 

Avantages
• Donne la priorité de passage aux piéton·nes.
• Permet d’attirer l’attention de la personne conductrice à la présence de piéton·nes et oriente les piéton·nes dans le couloir de déplacement.
• Lorsqu’aménagé entre deux intersections, il évite aux personnes usagères de faire des détours.

À considérer
• Prévoir la réfection périodique du marquage.
• Privilégier un passage piéton contrôlé dans les secteurs plus susceptibles d’accueillir des personnes aînées, des personnes avec déficience visuelle et à mobilité réduite.

Feu piéton

Le feu piéton permet aux piétonnes et piétons de traverser la voie de circulation en indiquant visuellement une phase qui leur est spécifique7 . Celle-ci peut être exclusive aux piétonnes et piétons ou combinée à celle des véhicules.

Contexte d’implantation

Le feu piéton s’implante à l’intersection ou entre intersections lorsque le nombre de piétonnes et piétons est élevé ou lorsque les conditions de circulation l’exigent8.

Conception
  • Affichage du feu piéton en fonction de l’intervalle : engagement (silhouette blanche), dégagement (main rouge clignotante) et attente (main rouge fi xe) (voir Fig. 21). Il doit être muni d’un décompte numérique, affi chant le temps restant à la phase de dégagement, pour en informer les piétonnes et piétons.
  • La phase pour les piétonnes et piétons peut être insérée par défaut dans le cycle, activée par un radar lorsqu’il détecte la présence de piéton·nes ou encore activée manuellement à l’aide d’un bouton d’appel. La détection active et l’insertion par défaut sont préférables à l’activation manuelle. Si l’activation manuelle est utilisée, le bouton d’appel doit être situé dans l’axe de la traversée et à portée de main de la traverse piétonne par toutes les personnes usagères et en toute saison, y compris celles avec des aides à la mobilité.
  • Intégration de signaux sonores aux feux piétons pour guider les personnes ayant une déficience visuelle et améliorer leur sécurité. Ils sont obligatoires en mode protégé toutes directions9.
  • Plusieurs modes de fonctionnement sont possibles :
    • Mode non protégé : le virage des véhicules en conflit avec la trajectoire de la personne à pied est permis. Cependant, la priorité aux piétonnes et piétons, prévue au Code de la sécurité routière, s’applique.
    • Mode partiellement protégé : le virage des véhicules en conflit avec la trajectoire des piétonnes et piétons est interdit au début de la phase piéton et est permis par la suite.
    • Mode protégé : le virage des véhicules en conflit avec la trajectoire des piétonnes et piétons est interdit.
    • Mode protégé toutes directions : tous les mouvements de véhicules sont interdits dans toute l’intersection. La traversée en diagonale des piétonnes et piétons est permise seulement si une signalisation ou un marquage au sol l’autorise10.
  • À moins qu’il ne soit déjà interdit sur l’ensemble du territoire par une réglementation spécifique (comme sur l’île de Montréal, par exemple), il est fortement recommandé d’interdire le virage à droite au feu rouge en mode protégé et mode protégé toutes directions pour éviter les mouvements de véhicules conflictuels, et d’installer un signal sonore pour offrir une plus grande sécurité à l’ensemble des piétons et piétonnes.
  • Au Québec, la vitesse de marche suggérée pour le calcul du dégagement varie de 0,8 à 1,3 m/s en fonction de la proportion de personnes aînées, d’enfants et de personnes à mobilité réduite au carrefour, de la vocation du quartier et des services situés à proximité de l’intersection11. Cependant, une part importante de piétonnes et piétons ont une vitesse de marche plus lente que la norme minimale du MTMD. Ainsi, en programmant un temps de dégagement plus long que cette norme minimale, on favorise non seulement la traversée sécuritaires des personnes aînées, mais également celle d’une bonne partie de la population.

Une étude sur les traversées piétonnes aux feux de circulation (STRAPI), menée par Accès transports viables (ATV), l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) et Polytechnique Montréal, rappelle l’importance de considérer toutes les implications du choix de mode. Si certaines installations peuvent paraître plus protectrices et sécuritaires, elles peuvent aussi, lorsqu’elles imposent de longs temps d’attente aux piétonnes et piétons, avoir l’effet inverse en augmentant les comportements à risque et les infractions12.

Image large
Image
Affichage du feu piéton avec décompte selon l'intervalle

Avantages
• La présence d’un feu piéton améliore la sécurité en permettant d’insérer la phase de traversée pour les piétonnes et piétons.

À considérer
• Le contrôleur de feux avec signal sonore permet d’intégrer différentes vitesses, par exemple, 0,8 m/s pour un appel sonore et 1,0 m/s pour un appel régulier.
• L’aménagement d’îlots refuges au centre de la traversée favorise la sécurité des personnes usagères les plus vulnérables.

Image
Temps requis de différentes personnes pour traverser une intersection. On remarque que plusieurs catégories de personnes (enfants, personnes avec un déambulateur, personnes se déplaçant à l'aide d'une canne, personnes en chaise roulante, etc.) n'ont pas le temps de traverser selon les normes établies par le ministère des Transports.

Îlot refuge

Îlot refuge L’îlot refuge est un espace aménagé au centre de la chaussée, entre deux directions de circulation, offrant un refuge aux piétonnes et piétons. Idéalement d’une longueur de 2 m ou plus, il réduit la longueur du passage piéton à franchir et permet une traversée en deux temps, si c’est ce que la personne souhaite. 

Contexte d’implantation

L’îlot refuge s’implante à un passage piéton à une intersection ou entre deux intersections, notamment à proximité de pôles générateurs de déplacements de nombreuses personnes aînées ou à mobilité réduite.

Conception
  • Aménagement possible au niveau de la chaussée pour faciliter le passage des piétonnes et des piétons, sinon des abaissements sont à prévoir.
  • Largeur d’au moins 1,5 m à 1,8 m pour assurer un espace de circulation suffisant à une personne avec une aide à la mobilité motorisée ou à une chenillette de déneigement.
  • Insertion de bandes podotactiles sur toute la largeur de zone et des deux côtés de l’îlot. Conserver un minimum de 13 mm de dénivelé d’avec la chaussée pour détection via la canne blanche.
  • Entretien (déneigement) à prévoir.

Avantages
• Réduit le rayon de virage.
• Incite la personne conductrice d’un véhicule à ralentir avant de tourner.
• Améliore la sécurité des piétonnes et piétons13.
• Facilite la prise de décision et améliore le sentiment de sécurité pour les personnes qui marchent plus lentement.

À considérer
• Lorsque les conditions de circulation exigent la présence de feux piétons et de signal sonore, ceux-ci doivent s’activer préférablement de manière automatique ou par détection. En cas d’activation manuelle du feu piéton par bouton d’appel dans l’îlot, celui-ci doit être parallèle à la traverse et à portée de main.

Saillie de trottoir

La saillie de trottoir est un prolongement du trottoir vers la chaussée qui permet de raccourcir la distance de traversée, de rétrécir la voie de circulation motorisée et qui incite la personne conductrice à ralentir et à céder le passage aux piétonnes et piétons. Il permet d’améliorer la visibilité des piétonnes et piétons en limitant notamment le stationnement aux abords du passage. 

Contexte d’implantation

Les saillies de trottoir s’implantent à une intersection ou entre deux intersections. Elles s’inscrivent dans un corridor piéton pour favoriser les déplacements à pied et apaiser la circulation. Aménagée sur une rue perpendiculaire à une artère, une saillie incite les personnes conductrices à ralentir au moment d’effectuer un virage en raison du rayon de courbure. 

Conception
  • À une intersection: dimension assurant un dégagement de 5 m de l’intersection pour prévenir le stationnement illégal aux abords du passage piéton.
  • Entre deux intersections: dimension assurant un dégagement de 5 m de part et d’autre du passage piéton.
  • Abaissement nécessaire pour faciliter le passage des personnes à mobilité réduite et des poussettes au passage piéton.
  • Insertion d’une plaque podotactile sur la largeur de l’abaissement de trottoir (bateau-pavé) où la hauteur d’avec la chaussée est de 13 mm, afin d’avertir les personnes avec déficience visuelle de la fi n du trottoir et le début de la traverse.
  • Ajout possible de mobilier urbain, comme un banc, mais une attention particulière doit être apportée à la visibilité et au maintien d’un corridor piéton sans obstacles.
  • Modification possible du drainage de la rue impliquant le déplacement de puisards. • Réalisation possible en amont de l’aménagement d’un réseau de trottoir.
  • Aménagement temporaire possible par marquage, délinéateurs ou bacs à fleurs (par exemple, pour une présence de saillies durant l’été seulement). 

Avantages
• Réduit la distance à franchir et le temps passé sur la chaussée pour la piétonne ou le piéton. 
• Augmente la visibilité réciproque des personnes piétonnes/conductrices.
• Lorsqu’à l’intersection, réduit le rayon de virage des véhicules et incite la personne conductrice à ralentir.
• Sur une rue large comprenant une voie, l’aménagement d’une saillie empêche une personne conductrice de dépasser à droite le véhicule arrêté devant lui ou d’effectuer un virage alors qu’une personne à pied est déjà engagée.
• Empêche le stationnement à l’intersection ou aux abords du passage piéton.

À considérer
• Sur une rue avec une ligne d’autobus, déplacer l’arrêt d’autobus en amont d’une saillie. 
• Si la saillie est végétalisée, s’assurer de ne pas obstruer la visibilité par des plantes trop hautes, notamment pour les enfants.

Intersection surélevée

Plateau couvrant l’entièreté de l’intersection comprenant les passages piétons qui sont ainsi élevés au même niveau que les trottoirs14.

Contexte d’implantation

Une intersection surélevée peut être aménagée à une intersection contrôlée par un feu ou un panneau d’arrêt ou à une intersection non contrôlée. 
Elle constitue un aménagement intéressant près d’habitations pour personnes aînées et de services et commerces de proximité, là où des personnes aînées et à mobilité réduite sont susceptibles d’être présentes en grand nombre. 
Ce type d’intersection peut également être implanté dans un stationnement pour améliorer la sécurité des piétonnes et piétons dans ces espaces.

Conception
  • Combinaison possible à des saillies de trottoir pour réduire le temps de traversée de la chaussée et l’exposition à la circulation motorisée.
  • Insertion d’une plaque podotactile sur le trottoir et un dénivelé de 13 mm entre le trottoir et l’intersection surélevée. Cela demeure nécessaire pour avertir les personnes ayant une défi cience visuelle de la traversée de rue15.
  • Marquage indiquant le dénivelé aux conducteurs.
  • Modification possible du drainage de la rue impliquant l’ajout de puisards.
  • Intersection contrôlée : marquage du passage piéton par une série de larges bandes blanches.
  • Intersection non contrôlée : ajout de panneaux prescriptifs et marquage du passage piéton par une série de larges bandes jaunes. 

Avantages
• Améliore la continuité du cheminement
• Ralentit les personnes conductrices qui doivent franchir le dénivelé.
• Augmente la visibilité réciproque des usagers.
• Offre aux piétonnes et piétons une surface plane sans changement de niveau62 (réduit les descentes et les montées) et permet de réduire les risques de chutes.
• Élimine l’accumulation d’eau de pluie ou de fonte de neige menant à la formation de plaques de glace dans les passages piétons.

À considérer
• Réalisé correctement (surface, pentes, matériaux etc.), ce type d’aménagement a fait ses preuves en conditions hivernales.  
• Peut aussi être aménagée sur des rues desservies par des circuits de transports collectifs.
• Si aménagée à une intersection contrôlée par un feu ou à une intersection non contrôlée, la vitesse permise doit être de 30 km/h maximum.

Passage piéton surélevé

Un passage piéton surélevé est un plateau surélevé au-dessus d’un dos d’âne allongé et reliant les trottoirs de chaque côté de la rue. 

Contexte d’implantation

Un passage piéton surélevé s’implante à une intersection ou entre intersections dans des secteurs générateurs de déplacements susceptibles d’être fréquentés par plusieurs piétonnes et piétons, dont des personnes aînées. Ils s’implantent aussi dans les stationnements pour améliorer la sécurité des piétonnes et piétons dans ces espaces.

Conception
  • Aménagement au même niveau que le trottoir est idéal.
  • Combinaison possible à des saillies de trottoir et à un îlot central pour réduire la longueur du passage piéton.
  • Ajout d’une plaque podotactile sur le trottoir et d’un dénivelé de 13 mm entre le trottoir et le passage piéton. Cela demeure nécessaire pour les personnes ayant une déficience visuelle.
  • Marquage et signalisation identiques au passage piéton contrôlé et non contrôlé.
  • Marquage et signalisation du dénivelé nécessaires pour assurer sa visibilité auprès des personnes conductrices.
  • Modification possible du drainage de la rue impliquant le déplacement de puisards.

Avantages
En plus de posséder les avantages des autres passages piétons, le passage piéton surélevé :
• Ralentit et incite les personnes conductrices à céder le passage aux piétonnes et piétons.
• Augmente la visibilité du passage et des piétonnes et piétons.
• Évite les changements de niveau entre les trottoirs pour les piétonnes et piétons et réduit les risques de chute.
• Élimine l’accumulation d’eau de pluie ou de fonte de neige menant à des plaques de glace sur le chemin des piétonnes et piétons.

À considérer
• Aménagé en série dans un stationnement, il permet d’améliorer la connectivité au réseau piéton existant. 
• Si aménagé à une intersection contrôlée par un feu, à une intersection non contrôlée, ou entre intersections, la vitesse permise doit être de 30 km/h maximum.   
• Éviter d’implanter sur les corridors de camionnage et des rues desservies par des circuits de transports collectifs.

Trottoir traversant 

De plus en plus présent au Québec, le trottoir traversant interrompt la chaussée à une intersection et demeure au même niveau que le trottoir, s’apparentant alors au passage piéton surélevé63 . Il permet de ralentir le virage des véhicules pour marquer l’entrée d’un quartier résidentiel ou d’une rue partagée, par exemple . Ce faisant, le trottoir traversant inverse les rôles du modèle habituel; la personne conductrice d’un véhicule motorisé est invitée dans le domaine du piéton 

Contexte d’implantation

Un trottoir traversant est opportun lorsqu’aménagé en parallèle sur une rue artérielle ou collectrice municipale en remplacement d’un passage piéton contrôlé à l’intersection d’une rue locale. En créant un seuil, il permet de distinguer les voies automobiles selon leur importance et de marquer l’entrée d’un quartier résidentiel ou d’une rue partagée, par exemple.

Conception
  • Revêtement du trottoir traversant semblable à celui du trottoir (même matériau et même couleur), pour assurer la continuité visuelle, mais doit contraster visuellement avec la chaussée.
  • Aucun marquage par larges bandes, contrairement au passage piéton.
  • Bandes détectables visuellement intégrées entre le trottoir traversant et la chaussée pour orienter les personnes avec déficience visuelle dans le couloir.
  • Insertion de plaques podotactiles à chaque extrémité de l’intersection pour permettre aux personnes avec déficience visuelle d’identifier la présence d’une zone de conflit potentiel avec les véhicules motorisés qui franchissent le trottoir18.
  • Aménagement d’une courte rampe d’accès pour les véhicules motorisés afin d’aider à ralentir les véhicules.

Avantages
• Améliore la continuité du chemin et le confort des piétonnes et des piétons.
• Incite les personnes conductrices à ralentir pour traverser la zone de circulation des piétonnes et piétons.

À considérer
• Particulièrement pertinent à l’intersection d’une artère ou rue collectrice municipale et d’une rue locale où l’on trouve une grande densité de piétonnes et de piétons, notamment des personnes usagères vulnérables comme la population aînée ou des enfants.

Titre de la zone
Poursuivre votre lecture

Références

  1. SAAQ 2019. Analyse du bilan routier 2015-2019.
  2. SAAQ 2019. Analyse du bilan routier 2015-2019.
  3. Tournier, I., Dommes, A., et Cavallo, V. (2016). Review of safety and mobility issues among older pedestrians. Accident Analysis & Prevention, 91, p. 24-35
  4. Lachapelle, U., et Cloutier, M.-S. (2017). On the complexity of fi nishing a crossing on time: Elderly pedestrians, timing and cycling infrastructure. Transportation Research Part A : Policy and Practice, 96, 54-63;
  5. Vélo Québec (2023). Fiche technique Cohabitation des piétons et des cyclistes sur les sentiers polyvalents. https://routeverte.com/content/uploads/2023/05/VQ_Fiche-technique_Cohabitation-pietons-cyclistes.pdf
  6. Société Logique, et Institut Nazareth et Louis-Braille (INLB). (2014). Critères d’accessibilité universelle : Déficience visuelle — Aménagements extérieurs.
  7. Ibid.
  8. Office des personnes handicapées du Québec. (2018). Vers des parcours sans obstacles, 5. Intersections et passages pour piétons. https://ophq.gouv.qc.ca/fr/publications/guides-de-loffice/guides-pour-les-ministeres-les-organismes-publics-et-les-municipalites/vers-des-parcours-sans-obstacles/5-intersections-et-passages-pour-pietons.html
  9. Ministère du Transport et de la Mobilité durable (MTMD). (2020). Tome V – Signalisation routière, « Chapitre 8 : Signaux lumineux ». MTMD
  10. Routhier, F., Lettre, J., Gagnon, M., et al. (2020). Évaluation de trois configurations de feux pour piétons avec signaux sonores sur le territoire de la ville de Québec : Une étude exploratoire. CIUSSS de la Capitale-Nationale.
  11. Turcotte, Simon. (2021). Analyse comparative des risques de collisions piéton-véhicule aux intersections signalisée. Accès transports viables. https://transportsviables.org/projets/etude-sur-les-traversees-pietonnes-aux-feux-de-circulation
  12. Ministère du Transport et de la Mobilité durable (MTMD). op. cit.
  13. Ibid.
  14. Huang, H. F., et Cynecki, M. J. (2001). The Effects of Traffic Calming Measures on Pedestrian and Motorist Behavior (FHWA-RD-00-104). Federal Highway Administration, U.S. Department of Transportation. https://fhwa.dot.gov/publications/research/safety/00104/
  15. Vélo Québec, op. cit.
  16. Société Logique, et Institut Nazareth et Louis-Braille, op. cit.
  17. Huang, H. F., et Cynecki, op. cit.
  18. Baille, O. (2012). Le trottoir traversant : Un atout pour le confort des piétons. Techni. Cités, no 234. https://cerema.fr/fr/actualites/trottoir-traversant-atout-confort-pietons
  19. Cerema. (2018). Évaluation de l’implantation de « bandes d’éveil de vigilance non contrastées » au niveau d’un trottoir traversant. https://cerema.fr/fr/system/files?file=documents/2018/06/Rapport_Cerema_Experimentation_Bev%20et%20TT_VF_0.pdf

 

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