Fig. 2 - Personne aînée qui attend l’autobus

Et si la solution à nos problèmes passait par des déplacements durables?

Introduction

Lettre ouverte parue dans Le Droit le 21 juin 2026.

Points de vue | 21 juin 2026

Zones modulaires

À l’aube des élections du 5 octobre, les Québécoises et les Québécois cherchent des réponses concrètes à des préoccupations bien réelles: coût de la vie élevé, finances publiques sous pression, congestion, sécurité routière, accès difficile aux services et aux lieux de travail. Or, l’une des réponses les plus efficaces est encore trop souvent négligée: la mobilité durable.

Que ce soit le transport en commun, le covoiturage, la marche, le vélo, ou encore la micromobilité électrique, la mobilité durable est une réponse directe à des préoccupations très concrètes, et ce, dans toutes les régions du Québec. Elle touche à trois aspects cruciaux: l’abordabilité de la vie quotidienne, la liberté de se déplacer et les retombées économiques pour le Québec.

L’abordabilité

Le transport représente aujourd’hui un des postes de dépenses les plus importants pour les ménages québécois, alors qu’ils y consacrent en moyenne 17 % de leur budget. Selon un récent sondage de l’Association du transport urbain du Québec, 47 % des répondant-es estiment que ces coûts sont déjà trop élevés. Selon ce même sondage, 77 % constatent qu’un bon accès au transport collectif aide à faire face au coût de la vie.

Ce n’est pas surprenant: un ménage ayant accès à de véritables alternatives à l’auto peut économiser jusqu’à 10 000 $ par année. Dans un contexte économique incertain, et où le coût de la vie explose, ce n’est pas marginal: c’est déterminant.

La liberté

Aujourd’hui, trop de Québécoises et de Québécois n’ont pas réellement le choix de leur mode de déplacement. Dans plusieurs régions, l’absence d’options oblige à dépendre de la voiture, même pour de courts trajets. En effet, 40 % de la population vit dans une municipalité sans service de transport collectif, alors que 34 % n’ont pourtant pas de permis de conduire.

La véritable liberté, ce n’est pas d’avoir une voiture à tout prix. C’est d’avoir des choix: pour les aîné-es qui veulent demeurer autonomes, pour les jeunes qui souhaitent rester en région, pour les familles qui souhaitent des déplacements autonomes et sécuritaires pour leurs enfants et un lieu de travail accessible. C’est toute l’économie québécoise en profite directement avec une diminution de la congestion, extrêmement coûteuse, alors que des alternatives existent.

Les retombées économiques et la saine gestion

Les choix en matière de mobilité ont un impact direct sur les finances publiques et sur les coûts collectifs. Chaque dollar investi dans le transport automobile entraîne des coûts plusieurs fois supérieurs pour la société.

À l’inverse, les investissements dans le transport collectif et actif permettent d’optimiser les infrastructures existantes, de limiter les dépenses futures et de mieux utiliser l’argent public.

À titre d’exemple, une récente étude du HEC nous indique que pour chaque dollar dépensé en transport, les coûts sociaux associés à l’automobile atteignent 1,44 $, contre 0,38 $ pour le transport collectif, 0,19 $ pour le vélo et 0,03 $ pour la marche .

Ces coûts incluent non seulement l’entretien des infrastructures, les coûts du foncier, mais aussi les coûts sociaux des collisions, les pertes en productivité liées à la congestion et les impacts négatifs sur la santé et l’environnement.

Ils soutiennent également l’économie d’ici: la grande majorité des investissements en transport collectif et actif profite directement au Québec et à ses régions, en créant des emplois et des retombées locales.

Les bénéfices ne s’arrêtent pas là. Des milieux mieux adaptés à la marche, au vélo et au transport collectif contribuent à réduire les collisions, à améliorer la santé de la population et la qualité de vie, ainsi qu’à alléger la pression sur le système de santé.

Malgré ces constats, les choix en matière de mobilité continuent trop souvent de privilégier des approches coûteuses, qui répondent mal aux besoins actuels et accentuent les pressions sur les ménages et les finances publiques. Cette situation intenable doit changer.

La mobilité durable n’est pas un luxe, c’est une nécessité absolue. C’est une solution immédiate, accessible et rentable pour répondre à plusieurs des enjeux les plus pressants du Québec.

C’est pourquoi nos organismes appellent les partis politiques à se doter d’une vision claire en mobilité durable visant à garantir un accès minimal à des options de mobilité partout au Québec, permettant de réduire le fardeau financier des ménages et de rééquilibrer les investissements publics vers les solutions les plus efficaces qui amènent des retombées économiques chez nous.

À l’approche du scrutin, il ne s’agit pas d’opposer les solutions, mais de faire des choix cohérents et durables. Faire de la mobilité durable une priorité, c’est s’appuyer sur ce qui fonctionne.

Les Québécoises et les Québécois sont prêts. Les solutions sont connues. Il est temps de passer à l’action.


Cette lettre est signée par la Coalition pour la mobilité durable, qui regroupe les organismes Piétons Québec, Trajectoire Québec, Vélo Québec, Vivre en Ville et le Réseau des centres d’expertise en mobilité.

 

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